Culture du chanvre en Belgique : les étapes pour cultiver légalement du CBD en 2025
Comprendre la législation belge sur la culture du chanvre en 2025
En Belgique, comme dans la majorité des pays européens, l’encadrement juridique du chanvre – et, plus largement, des produits contenant du cannabidiol (CBD) – continue d’évoluer. Pour les cultivateurs, comprendre la législation en vigueur est l’étape cruciale pour se lancer dans la culture légale du chanvre destiné au CBD. Mais entre les seuils de THC, les autorisations administratives et les règles européennes, il peut être facile de s’y perdre.
En 2025, voici les balises réglementaires que chaque cultivateur belge doit garder à l’esprit avant de planter sa première graine.
THC ≤ 0,3 % : le seuil européen à respecter
Depuis le 1er janvier 2023, la réforme de la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne a relevé le seuil de THC légal dans les semences de chanvre industriel de 0,2 % à 0,3 %, facilitant ainsi la diversification des variétés autorisées pour la culture. Cette norme est aussi celle suivie par la Belgique en 2025, dans le cadre de sa conformité aux règlements européens (Règlement (UE) 2021/2115).
Attention toutefois : ce taux concerne le THC total présent dans la plante sur pied. Toute plante dépassant ce seuil, même si l’intention est de produire du CBD non psychotrope, sera considérée comme illégale et, potentiellement, détruite lors d’un contrôle.
Les étapes pour cultiver légalement du chanvre en Belgique
Bien que le chanvre soit une plante rustique et peu exigeante, sa culture n’échappe pas à un certain formalisme pour rester dans le cadre de la légalité. Voici les étapes clés à suivre :
- Sélectionner une variété de chanvre autorisée
La culture est limitée aux variétés inscrites dans le Catalogue européen des variétés. Ces variétés sont certifiées pour leur faible teneur en THC. En 2025, ce catalogue s’est enrichi de nouvelles souches hybrides plus performantes en CBD, tout en restant sous la barre des 0,3 % de THC. - Déclarer sa culture auprès de l’administration
La Belgique impose une déclaration préalable auprès de l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) et/ou d’autres instances locales comme les autorités agricoles wallonnes ou flamandes. Cette déclaration inclut l’origine des semences, la surface cultivée, et parfois un plan géographique de la parcelle. - Se fournir en semences certifiées
Les semences doivent être accompagnées d’un certificat attestant leur conformité (souvent délivré par l’OCVV – Office communautaire des variétés végétales). La facture d’achat doit être conservée pour répondre à tout contrôle éventuel. - Production uniquement à des fins industrielles ou de bien-être
La culture du chanvre reste légale uniquement si elle est orientée vers des usages non récréatifs : textile, alimentation animale, cosmétiques ou CBD à visée de bien-être. La production de cannabis à usage médical ou récréatif reste interdite sauf autorisation spécifique (SPF Santé publique). - Faire analyser sa récolte en laboratoire agréé
Une certification post-récolte est fortement recommandée (et parfois obligatoire selon les régions) pour vérifier que le taux de THC est bien conforme. Cela permet d’assurer une traçabilité complète de la plante, rassurante pour les transformateurs et commercialisateurs.
CBD en Belgique : cadre légal flou mais toléré
Même si le CBD n’est pas explicitement interdit en Belgique, il n’existe pas non plus de loi qui en autorise formellement la vente comme « produit de consommation ». La tolérance administrative actuelle entend qu’aucune propriété médicale ne doit être revendiquée, sous peine d’être qualifier le produit en médicament non enregistré (et donc illégal).
Selon une FAQ officielle du SPF Santé, les produits à base de CBD vendus en Belgique doivent respecter les normes générales des produits de consommation. Toutefois, les autorités précisent bien que les « huiles CBD » ne peuvent en aucun cas être considérées comme denrées alimentaires ou compléments alimentaires, sauf autorisation spécifique (via la procédure européenne « Novel Food »).
En 2025, ce flou commence à se dissiper avec l’ouverture d’une consultation publique européenne visant à harmoniser l’usage du CBD au sein de l’Union. Les producteurs de chanvre belge gagneraient à suivre cette actualité de près.
Où vendre sa production de CBD légalement ?
Le chanvre cultivé légalement peut être valorisé de différentes façons :
- Fleurs séchées de CBD : destinées à l’exportation (vers la Suisse, ou des pays comme l’Italie où les fleurs sont tolérées), ou, en Belgique, à des magasins spécialisés, mais uniquement à vocation décorative ou technique. L’inhalation ou la combustion ne peuvent légalement être encouragées.
- Huiles et extraits : transformés à partir des sommités florales, ces produits doivent respecter les contraintes très strictes évoquées précédemment (interdiction de revendiquer des effets thérapeutiques, absence de THC, conformité Novel Food…)
- Graines de chanvre : autorisées pour l’alimentation humaine. Riches en protéines et oméga-3, elles connaissent un regain d’intérêt dans l’agroalimentaire bio.
- Fibre de chanvre : réutilisée dans l’industrie textile, le bâtiment (chanvre-béton) ou la papeterie.
La Belgique, disposant d’un secteur agricole déjà performant, a donc les cartes en main pour devenir un acteur de référence dans la chaîne de valeur du CBD en Europe, à condition d’investir dans sa transformation et sa réglementation.
Conseils pour réussir sa culture de chanvre en 2025
Outre l’aspect légal, voici quelques conseils pratiques pour optimiser une première culture :
- Choisir le bon emplacement : le chanvre aime l’ensoleillement et les sols bien drainés. Évitez les parcelles proches de zones industrielles ou exposées aux pesticides.
- Semer au bon moment : en Belgique, la période optimale se situe entre avril et mi-mai. Une semence trop tardive diminue la production de fleurs riches en CBD.
- Assurer un suivi phytosanitaire : même si le chanvre est résistant, il reste exposé aux maladies comme le botrytis ou les insectes ravageurs. Une surveillance régulière s’impose.
- Investir dans le séchage : les fleurs ne doivent pas fermenter après récolte. Un système de séchage professionnel permet de préserver les cannabinoïdes et la valeur marchande.
Comme toute culture émergente, celle du chanvre demande patience, rigueur administrative et passion. En s’informant régulièrement sur l’évolution législative, les cultivateurs belges pourront pleinement exploiter le potentiel économique du CBD tout en restant en conformité avec la loi.
Vers un avenir plus clair pour les producteurs belges
Si 2025 n’apporte pas encore une libéralisation totale du marché du CBD en Belgique, les lignes bougent. Entre alignements européens, initiatives privées et prises de positions politiques plus ouvertes, la culture du chanvre se professionnalise. Les producteurs qui auront su s’équiper, se former et se conformer au cadre légal tireront leur épingle du jeu sur un marché en expansion, porté par une demande toujours croissante de CBD de qualité.
La clé de la réussite ? L’anticipation. Car si le chanvre pousse vite, les bonnes décisions doivent, elles, être bien semées à l’avance.


